jan
24
Les journalistes, les associations, syndicats et tous ceux qui connaissent le métier avaient accepté de garder un silence relatif après l’enlèvement de 2 journalistes de FR3 en Afghanistan. Des proches du pouvoir expliquaient que ce mutisme permettrait sans doute une libération plus rapide des otages.
Mais le silence n’a pas été rompu par ceux à qui il était demandé, mais par ceux là même qui en expliquaient la nécessité. “Il faut que les Français sachent le coût de cette histoire” a commenté le président de la république en conseil des ministres, et Claude Guéant de renchérir en voyant dans le reportage de ces journalistes en Afghanistan “une chasse au scoop”.
M.Guéant est peut-être un bon préfet, un conseiller efficace, mais sa méconnaissance du journalisme explique peut-être l’inanité de sa remarque.
Certains journalistes se livrent parfois à une chasse au scoop lorsqu’il s’agit de traquer quelque célébrité en maillot de bain ou de saisir une situation scabreuse. Là, la concurrence est féroce, la compétition farouche et la perspective de gains élevée.
Mais personne ne peut espérer “faire un scoop” en s’aventurant dans une vallée d’Afghanistan pour une émission magazine de FR3. Il n’existe aucune compétition, aucune rémunération alléchante n’est à attendre par les journalistes du service public. C’est tout simplement la nécessité ressentie de parcourir une vallée pour effectuer le reportage le plus complet possible au service des téléspectateurs.
Et personne en la matière ne doit accepter une quelconque ingérence de la puissance publique.
J’ai vécu 8 ans au Liban pendant la guerre. Les Français étaient appelés par l’ambassade de France à quitter le pays. La poignée de journalistes français que nous étions est restée pour témoigner tout simplement parce-que tel était le sens que l’on donnait à notre métier et à notre devoir. Il nous arrivait même d’en être fiers.
Et obtempérer à ce moment à une instruction gouvernementale de quitter le pays pour raison d’insécurité, c’est abandonner sa carte de journaliste, tout simplement.
Et par parenthèse, les citoyens étaient mieux servis d’être informés par les journalistes restés sur place plutôt que de se contenter de communiqués officiels pour solde de tout compte.
Si nous continuons comme cela, les journalistes français seront bientôt interdits de déplacement en zone dangereuse ou même instable. Viendra le jour où les rues de nos cités leur seront fermées lorsqu’il s’y dérouleront des troubles… Pensez… il faudrait quelques policiers et quelques dépenses pour rétablir l’ordre. Les commissariats de police seront seuls habilités à décrire les éventuels incidents qui surviendraient sur la voie publique.
L’invasion des considérations financières doit trouver ses limites. Furent des temps encore récents pendant lesquels les chaines de télévision affichaient l’image de leurs journalistes pris en otage, des temps pendant lesquels les citoyens français manifestaient leur solidarité avec leurs compatriotes emprisonnés parcequ’ils voulaient les informer, des temps pendant
lesquels le pouvoir n’avait pas que le tiroir caisse en tête lorsqu’il parlait des journalistes français embastillés à l’étranger. Et tous les témoignages sont formels : c’était un secours pour les otages que de savoir les Français et les autorités solidaires de leurs sort.
Ne nous laissons pas intoxiquer par ce langage inadmissible.
Et qu’on arrête de nous faire croire que la liberté qui n’a pas de prix, n’a aucun coût.
—
» Un article de Philippe Lapousterle pour lesdemocrates.fr
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jan
15
[NDLR] Face à l’ampleur de la catastrophe qui a frappé Haïti, nous publions exceptionnellement un appel aux dons rédigé par Eric Pinet, président de l’association “Nos Petits Frères et Sœurs” :
J’ai visité Haïti pour la première fois peu de temps après avoir rejoint l’association Nos Petits Frères et Sœurs. J’avais été ému par ce pays ô combien touchant. Ce pays qui souffre depuis des siècles de la famine, de la pauvreté, de la violence. Haïti vient à nouveau d’être frappée par une tragédie sans nom !
Notre association, fondée en 1954 et présente en Haïti depuis 21 ans, apporte son soutien à plusieurs dizaines de milliers d’Haïtien chaque année.
Nous recevons depuis hier des informations et un appel à l’aide pour nos équipes sur place :
* Le nouvel hôpital pédiatrique St Damien de Châteaublond, le plus grand des Caraïbes - situé à 24 km de l’épicentre - a subi de lourds dégâts.
* L’enceinte s’est effondrée et les murs de tous les bâtiments sont craquelés. Des tentes doivent être installées pour loger les enfants hospitalisés et le personnel qui se trouvaient dans le bâtiment. Les blessés affluent, mais les médecins sont en nombre insuffisant pour les prendre en charge. Au quotidien, ce sont déjà une centaine de patients qui se pressent pour obtenir une consultation.
On nous rapporte qu’ils seraient des centaines.
* L’ancien hôpital de Nos Petits Frères et Soeurs, situé dans le cœur de Pétionville - épicentre du séisme – a été totalement détruit. 60 adultes et enfants handicapés se trouvaient à l’intérieur au moment de la catastrophe.
* Tous les moyens possibles sont mis en œuvre pour dégager les enfants et personnes enfouis sous les cinq étages. À cette heure, on déplore un mort et quelques blessés ont été sortis des gravas, *mais le silence en provenance des décombres laisse présager le pire.
* Le centre de thérapie, inauguré en décembre 2008, et le complexe d’apprentissage professionnel à proximité de l’hôpital ont subi les mêmes dégâts.
*150 enfants handicapés et adultes se trouvaient dans le centre au moment de la catastrophe. À cette heure, aucune information n’est parvenue concernant l’éventualité de victimes.
* Nous sommes sans nouvelles de nos centres scolaires et dispensaires situés dans les bidonvilles de Port-au-Prince.
Les besoins pour la reconstruction de ces complexes ne pourront être déterminés qu’après une estimation des dommages structurels. Mais avant de penser à la reconstruction, nous devons faire face aux conséquences immédiates !
Le père Richard Frechette, présent en Haïti depuis 21 ans, a déjà été confronté à de nombreuses catastroph naturelles.
* Il insiste sur le besoin d’équipement lourd pour faire face à ces désastres. Il est impératif de disposer d’un camion citerne supplémentaire à celui qu’utilise déjà l’association pour sa distribution hebdomadaire d’eau potable, de trois grands camions pour l’acheminement des vivres, vêtements, médicaments, etc.
* Ces derniers représentent un coût d’environ 83000 € chacun. Deux excavateurs sont également nécessaires. Nous avons besoins de vivres, de tentes, de médicaments, de matériel de soins pour faire face aux besoins urgents.
* Je sais qu’ « Humanisme » n’est pas un vain mot en nos rangs. François Bayrou a fait appel à notre solidarité, ” je me permets d’en appeler à votre générosité pour l’acquisition immédiate de l’équipement lourd et l’approvisionnement en tentes, vivres, couvertures, médicaments, et autres fournitures d’urgence.”
* Tous les dons par chèque, libellés à l’ordre de Nos Petits Frères et Soeurs, peuvent être également envoyés à :
Urgence Haïti – Nos Petits Frères et Sœurs- 8 rue des Prés St Martin – 77340 Pontault Combault.
Je vous remercie par avance du fond du cœur pour l’aide que vous apporterez.
Eric Pinet
Président de Nos Petits Frères et Sœurs
Adhérent du MoDem
—-
» Illustration de Une issue du compte Flick de l’ONU dédié à la catastrophe
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déc
21

Nous, bloggeurs militants, acteurs de la vie de la cité, nous réjouissons que de nouveaux espaces de débats d’opinion et de constructions des choix collectifs fassent évoluer la démocratie.
Néanmoins nous clamons que l’acte démocratique garant de nos libertés, de nos valeurs républicaines, de notre modèle de société et de l’égalité de tous devant les choix qui s’offrent à nous reste LE VOTE !
Ainsi, 2010 sera une année où nous devrons à nouveau nous exprimer pour choisir dans chaque région les projets et les équipes qui auront à répondre aux enjeux de mobilité et de transports, d’éducation et de jeunesse, de formation professionnelle, de logement, d’aménagement durable et de développement économique.
Nous appelons aujourd’hui tous nos concitoyens qui ne l’auraient pas encore fait à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 Décembre 2009, pour être acteurs et décideurs de l’avenir de nos régions les 14 et 21 mars prochains. Agir pour ne pas subir!
S’inscrire sur les listes électorales, c’est simple, ça ne prend pas plus de cinq minutes et ça peut tout changer. Il suffit de se rendre au service élection de votre mairie, de vous munir d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1367.xhtml
Pour relayer au mieux cet appel nous incitons nos lecteurs à transmettre largement ce billet autour d’eux et à arborer fièrement l’avatar citoyen sur leurs profils sociaux ou leurs blogs.
Liste des bloggeurs signataires de cet appel :
Ataraxosphère http://ataraxosphere.canalblog.com/
Fred Badina http://fredbadina.hautetfort.com/
Erwan Balanant http://www.imagespolitiques.net/
Cyril Bègue http://cyril.over-blog.fr/
Françoise Boulanger http://lecanardalorangedeslandes.over-blog.com/
Pierre Braun http://www.pierrebraun.fr/
Sylvain Canet http://www.sylvaincanet.fr/
Christelle Carcone http://oreadecentriste.blog.20minutes.fr
Patricia Gallerneau http://modempornichet.over-blog.net/
Générations Engagées http://www.generationsengagees.fr/
Christophe Grébert http://www.monputeaux.com/
Paul Guermonprez http://guermonprez.eu/paul/blog/
David Guillerm http://singulierdemocrate.over-blog.fr/
Marie-Anne Kraft http://mariannerepublique.hautetfort.com/
Matthieu Lamarre http://matthieulamarre.lesdemocrates.fr/
Céline Letemplé http://debout.lesdemocrates.fr/
Isabelle Loirat http://isabelleloirat.over-blog.fr/
Antonin Moulart http://connexion-democrate.com
MIP http://marie-isabelle.hautetfort.com/
Chantal Portuese http://modemvarois.over-blog.com/
BGR http://www.humanidem.fr/
Smael Sebti http://www.sebti.fr/
Nicolas Vinci http://nicolasvincionline.blog.lemonde.fr/
ET VOUS ?
(n’hésitez pas à nous indiquer si vous prenez part à cette initiative, nous actualiserons la liste)
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déc
11
11 décembre 2009 | tags:décentralisation, démocratie, développement durable, écologie, europe, humanisme, identité, justice, laïcité, liberté d'entreprendre, Modem, mouvement démocrate, republique, solidarité, valeurs | 1 commentaire
La rédaction des démocrates.fr vous proposera jusqu’à la fin de la semaine des extraits du Projet Humaniste (consultable ici). Nous reprenons ici la partie concernant les valeurs du projet :
Humanisme
Nous plaçons l’homme au centre de chaque question de société. L’homme est partie prenante de la nature, il ne peut vivre hors d’elle ni sans elle. Il est relié à elle et en même temps s’en distingue par sa capacité de conscience. L’émancipation de la personne humaine, femme et homme, le respect qui lui est dû, son épanouissement, constituent donc la fin principale des organisations sociales. Toute personne humaine, quels que soient sa situation, son âge, son état de santé, valide ou handicapée, porte en elle, identiquement, intégralement, sa part d’humanité et a droit à un égal respect.
Nous avons confiance dans la capacité de progrès de l’humanité, en science et en conscience.
Démocratie
La démocratie, c’est l’organisation politique qui fait confiance à la conscience et à la responsabilité des citoyens. Il n’y a pas de démocratie sans pluralisme, sans respect des minorités. Ce pluralisme s’exerce en particulier dans l’information, en protégeant
la liberté de la presse contre les concentrations abusives, et en garantissant les organes d’information contre les pressions des pouvoirs politiques, économiques, financiers. L’État démocratique est un État impartial.
République
La République n’est pas seulement une forme de gouvernement. Elle est un idéal en action. Sa devise « liberté, égalité, fraternité » n’est pas seulement un code de valeurs morales. Elle forme en fait un projet de société. La constitution définit la République par trois adjectifs : démocratique, laïque et sociale. Elle ne s’accomplit donc que dans ces trois dimensions.
Justice
Lorsqu’un pays vit des mutations profondes, chacun des citoyens, les familles, les travailleurs, doivent accepter d’importants efforts. Ils ne peuvent les accepter que si ces efforts sont équitablement répartis. La justice et l’équité sont les critères fondamentaux du jugement des citoyens sur les pouvoirs qui les dirigent.
Europe
L’Europe est pour nous une ardente obligation. D’abord c’est notre héritage culturel et de valeurs. La Grèce antique, l’empire romain, la religion chrétienne dans toutes ses confessions, la tradition juive, les grands mouvements philosophiques, particulièrement les Lumières, mais aussi les contacts historiques, de guerre ou de paix, avec d’autres cultures, notamment l’Islam, ont créé une civilisation qui a porté une vision de l’homme et rayonné dans le monde. L’Europe porte un modèle de société, où créativité, Europe économique, et solidarité, Europe sociale, sont intimement mêlés.
L’Union européenne est une communauté d’intérêts fondamentaux et de valeurs politiques dont la première est la démocratie. Aucun des pays européens ne peut, s’il demeure seul, défendre sa vision du monde et ses priorités face aux puissances planétaires. L’Europe politique est donc un impératif. Elle se construira en une démarche coopérative, dans laquelle chacun conserve son identité et sa volonté, et s’engage à préserver les identités des autres.
Écologie et développement durable
Le développement ne doit pas se juger seulement au présent. Il doit se juger au futur. Les générations à venir sont concernées par nos décisions autant que les générations actuelles. Le seul vrai développement est donc le développement durable qui préserve le patrimoine naturel, les ressources naturelles, la terre, l’eau, le climat, les conditions de la vie en commun pour nos enfants et les enfants de nos enfants. Cela exige un mode de vie plus sobre, notamment en consommation d’énergie, un modèle économique qui donne la priorité au long terme sur le court terme, une croissance qualitative et pas seulement quantitative, une solidarité réelle entre les générations, une gestion responsable des finances publiques. Cela passe aussi par le refus du déséquili-
bre persistant, dramatique, entre le Nord et le Sud, dans lequel les pays développés portent une si lourde responsabilité. Cet engagement exige un changement du modèle économique dominant sur la planète.
Laïcité
La laïcité est une clé de voûte de notre modèle de société républicain. En séparant l’ordre de la foi religieuse, de la conviction philosophique, de l’ordre de la loi civile, la laïcité garantit la possibilité de vivre ensemble sous la règle d’or du respect mutuel. Elle donne sa pleine puissance au débat démocratique et civique, puisqu’elle le libère des dogmes et du principe d’obéissance. Plus largement encore, la laïcité protège l’être humain de l’emprise de l’État sur sa conscience, sa vie privée et de famille, son cheminement philosophique, spirituel ou religieux. La laïcité républicaine est garantie d’émancipation.
Décentralisation, subsidiarité, confiance
La société que nous construisons est fondée sur la confiance. L’organisation politique doit garantir que les décisions se prennent au plus près des citoyens et des réalités de terrain. La centralisation excessive, le jacobinisme, la concentration du pouvoir vont à l’encontre de ce principe de confiance. Nous soutenons que ce principe de confiance, de délégation, de décentralisation doit s’imposer d’autant plus que ces organisations sont de grande taille. C’est particulièrement vrai pour l’Europe.
Le principe de subsidiarité, qui fait confiance au terrain et refuse de tout régenter d’en haut, est donc fondateur de la démarche communautaire européenne. Il sera nécessairement principe fondateur de l’action contre les grandes pandémies, le changement climatique, et pour le développement équilibré du monde.
Liberté d’entreprendre et de créer
L’épanouissement de l’être humain, c’est la création. C’est aussi la clé de l’épanouissement des sociétés et de la vitalité des économies. Il n’y a pas de création sans liberté, comme il n’y a pas de création sans risque. Nous voulons donc protéger et promouvoir la liberté de créer, que ce soit dans le domaine de l’art, dans le domaine de la recherche, dans le domaine de l’entreprise, dans le monde des associations.
Solidarité
La vertu principale de toute société, et même de toute communauté, c’est la solidarité. La solidarité est une garantie contre les difficultés de la vie. Elle est en même temps un principe dynamique qui permet d’avancer, qui soutient les plus audacieux, puisqu’on sait que le succès des uns servira aussi aux autres. C’est pour cela que les inégalités, sociales ou culturelles, doivent être contenues et constamment réduites au travers du temps, et que cette réduction des inégalités est constitutive de tout projet humaniste.
Identité, identités
L’aspiration à voir reconnaître son identité est un besoin fondamental de l’être humain. C’est vrai d’un peuple, d’une communauté, comme cela est vrai d’une personne. L’histoire, la langue, la culture, les idéaux philosophiques ou religieux servent de repères pour constituer cette identité. Lorsque l’identité est niée, c’est un malaise profond : souvent, elle revient en boomerang, y compris sous forme d’intolérance ou de revendications violentes. Au contraire une reconnaissance sereine permet l’acceptation et la reconnaissance de l’autre. À l’intérieur d’un peuple, comme le peuple français, nous ne déclinons pas le mot « identité » au singulier. Chacun d’entre nous est fait de plusieurs identités d’origine, de culture, parfois de langue. Et il a le droit d’assumer ces identités au pluriel, de se sentir à la fois Français, Européen, originaire d’une région ou d’une histoire différentes, juif, musulman, chrétien, agnostique ou athée, aimant avec passion sa langue nationale et en même temps la langue de sarégion ou de son pays d’origine. Tout cela est une richesse, le rayer ou l’effacer, ce serait une amputation.
Citoyenneté
La citoyenneté n’est pas seulement un droit : elle est une conquête de chaque jour. Elle oblige à passer de la passivité du spectateur à l’engagement de l’actif. Elle est le but de toute éducation.
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déc
9
La rédaction des démocrates.fr vous proposera jusqu’à la fin de la semaine des extraits du Projet Humaniste (consultable ici). Nous avons choisi de commencer par la partie concernant Internet et ses évolutions :


“Internet constitue une révolution du même ordre que l’invention de l’imprimerie il y a cinq siècles. Ce moyen d’expression donne librement la parole à tout citoyen et accès à une multitude de sources d’informations complémentaires. Internet constitue un des derniers lieux de débats ouverts et contribue à l’épanouissement de la démocratie et de l’intelligence collective.
Le concept de neutralité du réseau doit être reconnu comme un pré-requis indispensable au développement des technologies et au maintien de la liberté d’expression. Toute forme de censure du réseau doit être rendue publique et validée par une autorité judiciaire.
Les moyens doivent être mis sur l’identification des auteurs des méfaits et non pas sur une illusoire mesure de protection par un filtrage facilement contourné.
La réponse au problème des droits d’auteur sur internet tient en trois points complémentaires : développement et multiplicité des offres légales, un système au forfait illimité de type “licence globale” permettant la traçabilité des œuvres pour tendre à une juste rétribution des ayants-droits et enfin un secteur non marchand pour la promotion des artistes qui le souhaitent (partiellement interdit en France) et la diffusion des œuvres libres de droits. Nous soutenons le système français du droit d’auteur.
La construction et l’accès à un réseau ouvert et à Très-Haut Débit est un vecteur du droit d’expression, d’accès à la culture, à de nombreux services publics et privés, au travail à distance, à l’aide au maintien à domicile, d’émancipation pour les personnes handicapées et au regain des activités locales.
Les pouvoirs publics doivent encadrer et investir de manière coordonnée dans le déploiement de cet outil majeur d’aménagement sur tout le territoire, qui devrait être basé sur la fibre optique, cette dernière offrant un débit virtuellement illimité. De la même façon, le marché du logiciel libre et interopérable est générateur d’emplois et services à haute valeur ajoutée, innovants, peu polluants et non délocalisables sur tout le territoire, surtout par des PME d’un type nouveau : les Sociétés de Services en Logiciels Libres (SS2L).
Concernant les technologies de contrôle de l’individu et de l’internet, il est par exemple essentiel de faire émerger des nouveaux droits fondamentaux, tels que le droit à l’oubli, d’autant qu’en matière de fichiers, le danger ne vient pas uniquement de l’Etat ; n’oublions pas que des entreprises privées (les réseaux sociaux, par exemple) détiennent des masses d’informations considérables sur les individus et que ces derniers n’ont plus de contrôle sur ces informations… A cet égard, le danger est réel et il appartient aux responsables politiques d’intervenir. Il est nécessaire que les citoyens puissent savoir où ils en sont en matière de fichiers, qu’il s’agisse de fichiers commerciaux ou étatiques, dont la masse est considérable.”
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déc
6
Sur son blog, “Orange pressé” nous fait part de ses impressions, en direct d’Arras.
—
Premier jour de Congrès à Arras, début d’un moment où l’on pense souvent que tout est possible. On y envie d’y croire mais des limites se font déjà sentir. Pourtant, et ce, malgré les nombreux départs, le Mouvement démocrate a des ressources. Aux termes de ces 3 jours, le MoDem sera-t-il en ordre de bataille, prêt à faire démentir toutes les mauvaises nouvelles annoncées par les instituts de sondage ? Nous verrons bien ! En attendant, quelques échos de ce premier jour à Artois Expo.
Débat sur Copenhague avec Yann Wehrling.
Peu après mon arrivée et après avoir fait un petit tour pour saluer ici et là mes amis du Nord et du Pas-de-Calais mais pas seulement, je me suis rendu au débat avec Yann Wehrling, tête de liste pressentie pour le MoDem en Alsace. Pour poser le cadre, un film « L’Ile aux Fleurs » (de 1989) a été projeté. Traitant sur un ton satirique la question des déchets et de manière plus générale de la pertinence de notre mode de développement économique, ce film a suscité de nombreuses réactions. Si la plupart d’entre elles étaient très intéressantes, je déplore que dans nombre de cas, celles-ci aient été trop générales ou contraires trop spécifiques à un sujet donné.
Pour ma part, je suis intervenu pour rappeler que notre réflexion devait nécessairement s’inscrire dans le cadre des élections régionales de Mars prochain. Il est en effet indispensable de penser et d’avoir dès maintenant en tête l’idée que nous devrons présenter des projets et des idées plus que concrètes devant des électeurs qui pour la plupart se contrefichent de la crise hydrique en Afrique, des réfugiés climatiques ou encore des conséquences du méthane sur le réchauffement climatique.
En réponse aux nécessaires moyens que les régions doivent mettre pour développer les politiques environnementales comme l’a mentionné Yann Wehrling, il m’a aussi semblé important de souligner que les régions n’auront plus les moyens de moduler la fiscalité locale si la réforme de la fiscalité locale est adoptée telle quelle.
Suite à ce débat, François Bayrou est arrivé et a pu faire un petit discours avant que tout le monde partage un moment de détente autour d’un verre.
Débat sur les régionales avec Jean-Marie Vanlerenberghe.
Multiplication des réunions et contexte oblige, j’ai choisi de me rendre à la réunion sur les régionales animée par Jean-Marie Vanlerenberghe (JMV) sur les régionales. L’objet de cette réunion était de régler les questions d’organisation, de fonctionnement autour de la constitution des listes et des chefs de file départementaux et régionaux. Nécessité qui a cependant connu quelques évènements pourtant prévisibles. Il est ainsi de la remise en cause du mode de désignation. Il fallait s’y attendre, en remettant en cause le mode de désignation choisi le 04 Juillet lors du Conseil national du 24 Octobre, les militants ont pour certains eu l’impression de se « faire avoir » [en quelque sorte] et plusieurs personnes sont intervenues pour demander qu’un vote des militants sur le choix des têtes de liste départementales. Si je comprends les revendications de ces personnes, il est maintenant trop tard pour vouloir changer les choses. Choix délibéré de la direction du MoDem de retarder pour mieux imposer, il faut maintenant se rendre à l’évidence, le calendrier ne permet plus de rectifier les choses. Il va donc falloir faire avec pour réussir la campagne à venir ou tout du moins éviter la catastrophe.
L’autre question « polémique » qui a été à l’ordre du jour, c’est la question « CAP 21 ». Le fait que plusieurs fédérations CAP 21 aient directement décidés de négocier avec Europe-Écologie pour les régionales est révélateur d’une sorte de fracture entre les militants démocrates « purs » et les militants démocrates « CAP 21 ». Ainsi, s’en est suivi un clivage qui pour moi n’a pas lieu d’être. J’ai trouvé en effet surréaliste que l’on s’attarde sur cet aspect comme si être membre de CAP 21 était une tare ! Les prises de position hétérodoxes de Corinne Lepage ne doivent pas y être pour rien. Cette dernière abordera d’ailleurs probablement le sujet aujourd’hui ou demain.
Mais la chose qui m’a le plus surpris, c’est la « leçon » qu’a voulu me donner Jean-Marie Vanlerenberghe (JMV) lors de ce débat sur les régionales. Avec tout le respect que je dois au maire d’Arras et le bon boulot qu’il fait comme élu local, il me semble que parfois, il serait bon d’éviter de se poser en donneur de leçons. L’homme est un habile personnage politique et a le « talent » (si tenté qu’on puisse parler ainsi) pour répondre à une question sans apporter de réelle réponse. Aussi lorsque j’ai parlé de la nécessité d’éviter les querelles de personnes et de parler « programme », je me suis vu répondre que le sujet avait été abordé et que la question du projet se déroulait à côté ( pour information, le débat sur le projet avec Robert Rochefort se déroulait dans l’espace de plénière). JMV en a ensuite profité pour me rappeler que dans le Nord-Pas-de-Calais, 3 moments de rencontre avaient été organisés et que donc nous avions parlé projet. La réponse est un peu courte !
En effet en dehors de ces forums régionaux, intéressants cela dit, peu de débat sur les élections régionales sont organisés. Si une réflexion a démarré via un forum internet dédié, la mayonnaise a eu du mal à prendre. Mais surtout, c’est l’affirmation avec aplomb de la part M. Vanlerenberghe des forums régionaux auxquels il a peu participé. Présent à 2 d’entre eux sur les 3, je n’ai jamais eu l’occasion de le voir lors de ces réunions. Bref, faites ce que je dis et pas ce que je fais.
Les rencontres.
C’est pour moi l’aspect le plus intéressant de ce genre d’évènements, la rencontre avec d’autres militants et blogueurs. De nombreuses surprises ont marqués ce Vendredi. J’y reviendrai plus tard.
Maintenant, c’est samedi, place à la réflexion et aux débats en plénière.
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nov
26
Sur son blog, Sylvain Canet fait part de son enthousiasme à l’annonce de la candidature d’Alain Dolium à la tête de liste en Île de France et en explique les raisons.
—
C’est une bonne surprise !
J’ai rencontré Alain Dolium samedi dernier, rapidement. Je souhaite que les français aient la même analyse que celle que je vous livre maintenant.
Quand j’écris ici, j’ai bien conscience que je suis lu en même temps par les adhérents, en même temps par les franciliens. Je crois que les volontés des uns et des autres se rejoignent.
On est à coté de la plaque quand la presse s’axe en début de semaine sur la couleur de peau en faisant le rapprochement avec un Obama à la française. Comparaison flatteuse certes, mais comparaison déplacée aussi.
Le vrai message c’est celui de cette nouvelle génération de l’engagement politique née chez nous en 2007 et cet espoir qu’elle doit susciter.
Les politiques sont affligeants quand ils ne se reconnaissent ou ne se cooptent qu’entre eux ; Or, les français savent reconnaitre ceux qui leur parlent. La trajectoire d’Alain est intéressante parce qu’elle nous ressemble, avec ses enthousiasmes et ses embuches, avec les difficultés du quotidien, quand on n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, et qu’il a fallu marcher, avancer pas à pas. Un homme vrai comme vous et moi, qui va, en équipe, parler de sa vie et, en définitive, d’abord de celle des franciliens. “Il vient de là, il parle de nous”, cela pourrait presque être un slogan.
Je retrouve dans cette candidature qui sera soumise aux adhérents, beaucoup de ce que nous sommes.
Pour tous ceux qui ce sont engagés au MoDem, ce choix parle, en effet, de ce que nous avons porté en 2007. Je pense que militants et citoyens peuvent s’y retrouver.
Quand, après les présidentielles une nouvelle voie politique s’ouvrait, c’est pour beaucoup d’entre nous,
engagés dans des associations, le moment de s’y mettre, de rejoindre le chemin de la décision publique, seule capable de “changer le monde”. Ce qui n’était pas encore possible parce qu’un Rocard ou un Delors ne l’avait pas encore créé, ce “big bang créateur” que nous attendions depuis 5,10,15 ans sans jamais trouver chaussure à notre pieds, c’est François Bayrou qui l’a fait. C’était parti. Nous allions être “les nouvelles voix de la nouvelle voie”, celle que nous ouvrions associés avec d’autres, restés au mouvement, restés en mouvement, tous devenus “Démocrates”.
Ce qui s’exprime à travers Alain est cette nouvelle identité politique que François Bayrou à décidé de faire émerger, nous l’appelons l’identité démocrate.
J’espère que c’est l’épaisseur d’un personnage, celle de l’humain, qui percera. C’est aussi le défi posé à notre candidat qui devra, plutôt que se laisser guider par la lumière des projecteurs, ne pas perdre de vue les gens d’ici, ceux qui prennent le métro et le Transilien, payent leur logement trop cher ou en ont assez de respirer si mal le long du périphérique.
Ce sera aussi le rôle d’une équipe. Car la politique aujourd’hui s’exprime dans ces compétences et ces synergies qu’on voit naître et s’imposer.
Il y a de l’audace et du courage dans ce choix; ça aussi cela nous ressemble.
Et qu’on ne dise pas que François Bayrou est seul ou qu’il n’entend pas. Ce qui s’est passé aux européennes, nous l’avons tous entendu, lui aussi ; et cela se traduit peu à peu, sereinement, pas à pas, dans ce qui se dessine là. Parmi les grincheux, seuls les impatients ont raison, parce que l’urgence est celle des français. Mais ils doivent alors la discipliner. L’impatience est un moteur positif quand elle s’accompagne de l’enthousiasme du “faire”. Quand elle sert les intrigues, les bidouilles d’arrière boutique ou la peur de la perte d’influence, alors elle n’est que mépris des autres.
Par ailleurs, que François Bayrou s’interresse aux régions est une chance pour les français, qu’il s’intéresse aux candidatures est une chance pour le mouvement. Qu’il propose des pistes, des profils, des noms et les accompagne, entre dans le rôle du Président. Il construit et structure un mouvement politique. Ce choix doit être félicité. Fallait-il qu’il se mette dans un autre jeu, à distance, (à l’étranger, au FMI ?!) pour réapparaître comme l’homme providentiel 6 mois avant l’échéance présidentielle ? Fallait-il qu’il se détourne de ses amis politiques et de leurs combats, du quotidien des français, sortant un bouquin par-ci, parcourant les allées par là pour faire le show (à Dijon ou ailleurs ?!) ?
Nous poursuivons ensemble un engagement, profond, solide, déterminé. Bon vent Alain !
Nota : Ma parole, mon soutien, ne peuvent pas être suspectés de complaisance. Chacun sait qu’avant que n’émerge cette proposition, je défendais l’idée d’un Christophe Grébert tête de liste pour les régionales. C’était une bonne idée aussi. Nous défendrons avec Alain Dolium, les thèmes de la démocratie, de la gouvernance en IdF. Et pour ma part j’espère aussi mettre en avant la culture et l’éducation, autre enjeu majeur pour notre région.
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nov
16
Sur son blog, Sylvain Canet revient sur le rassemblement de Dijon qu’il nous fait vivre de l’intérieur. Un témoignage enrichissant et enthousiasmant :
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Quel bel événement politique que celui que nous venons de vivre aux cotés de Marielle samedi 14 à Dijon..
Oui je sais ; je vous entends déjà me dire « Ah mais Ségolène Royal a capté l’attention des journalistes et au final l’école et le Rassemblement passent au second plan ! »
Oui et non, il faut pousser jusqu’au bout l’analyse. Je vais tenter de vous traduire ce qu’il se passait à Dijon.
Arrivé dés vendredi soir à Dijon avec la petite équipe de choc que Marielle avait constitué autour d’elle, nous nous sommes tout de suite remis au travail sur les idées, les textes et les positionnements.
L’information apprise dans le train, la venue de Ségolène Royal, imprévue, évidemment déplacée, n’y changerait rien : Le MoDem poursuit naturellement un dialogue avec toutes les forces de l’alternance, nous resterons centrés sur le sujet de l’école et de l’éducation, la présence de Marielle de Sarnez et de notre délégation s’intéresse au projet, à l’enjeu, et le construit.
Nous avons travaillé samedi sans nous laisser distraire par la fanfare. Nous avons dégagé des pistes de réformes, Marielle de Sarnez comme Vincent Peillon passant d’ateliers en ateliers pour se nourrir du bouillonnement des idées.
Le discours de notre Vice-présidente allait parfaire notre choix obstiné de dédier cette journée à l’éducation. Elle fut d’ailleurs chaudement applaudie par plus de 1000 militants roses, verts, oranges que les joutes politiciennes internes au PS ne dupent plus.
Ayant déjà eu l’occasion de vanter fin aout notre politique de dialogue, je ne reviens pas dans l’immédiat là-dessus.
Nous avons bien bossé. Prochaine étape, sujet : « les institutions ». Gardons le cap.
Mais, bien entendu, la venue de Ségolène Royal avec une nuée de projecteurs et de caméras, a désaxé le propos. Sa façon de “vampiriser” ce rassemblement, de récupérer les travaux d’une assemblée, de se positionner là, alors même qu’elle n’y avait pas sa place, fut mal ressenti.
Du coup, l’événement du “Rassemblement”, évidemment politique aussi, a pris une tournure de “surpolitisation au carré”. Mais c’est intéressant, jugez-en vous même :
Querelle interne au PS avec risque de dommages collatéraux, Vincent Peillon ne pouvait accepter cela. Une partie de la journée s’est donc déroulée au rythme des intrusions de madame Royal. Le « banquet républicain ” risqua l’indigestion, mais le dessert promettait le meilleur.
Cet incident eut finalement le meilleur effet sur les discours de clôture. Celui de Marielle, je l’ai dit plus haut ; et celui de Vincent Peillon aussi.
La politique a ceci de passionnante que les mots et les prises de position marquent des moments, comme une virgule ponctue une phrase. J’ai eu le sentiment, et avec moi toute une salle, que la phrase était historique.
La politique prend vie dans le verbe et la verve. Samedi, elle avait cet autre carburant qui donne l’énergie, et parfois l’élan : la colère.
Car celle de Peillon, maîtrisée et juste, fut créatrice : un discours tout en force, porté par une vérité et une foi, libéré du carcan partisan, fondé sur une analyse et une expérience, tourné vers une construction de l’avenir, lancé d’une seule traite, imperturbablement, le regard vers l’horizon (En ne consultant quasiment pas ses notes). Assez marquant.
Nous étions, disons-le, attentif et pris par l’importance. Il fallait voir Rebsamen scotché, pendu à ses lèvres, comme l’assemblée.
J’ai vraiment le sentiment qu’une personnalité politique s’est affirmée à cette occasion. Par la grâce d’une catharsis, c’est l’émancipation d’un homme qui éclatait. De celle-ci a émergé une stature, une pensée, une existence. On a vu naître une carrure, à mon avis.
Ce tournant fut donc important pour le PS et la gauche, avec certitude. C’est leur histoire me direz-vous; en effet ; mais j’aime ces moments et nous y avons aussi contribué. C’est aussi la nôtre, celle de la politique au quotidien, car j’ai aussi eu l’impression que Ségolène Royal n’a pas marqué des points ce jour là. Elle se décrédibilise. On verra comment le PS réagit.
Il se passa quelque chose de fondateur à Dijon:
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Le discours de Robert Hue : éloquent et applaudi. (pas encore en ligne)
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Celui de Marielle de Sarnez : volontairement centré sur le sujet et le projet, enthousiasmant.
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Et celui de Vincent Peillon : brillant.
Je suis ravi d’avoir accompagné Marielle de Sarnez, Jean-Luc Bennhamias, Robert Rochefort et toute l’équipe dans cette écriture d’un moment politique. Allant vers la gare, papotant en chemin, refaisant le débriefing, nous pensions tous utile de poursuivre ce chemin de dialogue, cette construction d’une force « progressiste » sociale, écologiste et démocrate.
Lisez les discours, nous écrivons là de nouvelles transversalités. C’est toujours cette nouvelle façon de faire de la politique qui est en route…
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nov
10
A vrai dire, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Ce n’est pas une affaire d’Etat, ni même une affaire grave. Mais elle en dit long. Long sur le caractère du président de la République, sur sa facilité à prendre des libertés avec la réalité, et sur le soutien inconditionnel qu’il exige de ses amis et de ses collaborateurs, contre la volonté de ceux-ci et quelles que soient les circonstances.
L’anniversaire de la destruction du mur de Berlin approchant, Nicolas Sarkozy y a vu une occasion favorable. Le grand vent de l’Histoire allait souffler et allait balayer les petites querelles quotidiennes qui usent les meilleurs. Qu’il allait être bon et confortable de s’y engouffrer ! Allez, cette fois, ce serait sur sa page Facebook, un moyen sympathique de renouer avec les Français sur un mode amical. Et tant qu’à faire, autant enjoliver les choses et mettre en scène comme il se doit. Ainsi, on rusera un peu avec la vérité, et on dira avoir été à Berlin le 9 Novembre au soir plutôt que le 16 comme tant d’autres milliers d’Européens qui ne sont pas devenus chef d’Etat.
Si le président s’était trompé de bonne foi, personne ne parlerait d’incident. Mais ce qui est gênant, c’est la raison invoquée par le président pour avoir été à Berlin le soir même de la destruction du mur. Le 9 Novembre au matin,contrairement à F.Mitterrand, à H.Kohl, à M.Gorbatchev, contrairement à tous les responsables et les observateurs les plus expérimentés, contrairement à tous les Berlinois eux-mêmes, lui N.Sarkozy avait eu un pressentiment; mieux : une intime conviction : le mur allait tomber ce soir. ” Nous décidons de quitter Paris…pour participer à l’évènement qui se profile “, assure-t-il sur sa page Facebook.
Cette prétention à tout savoir mieux que chacun et que tous réunis, c’est gênant, c’est une faute et cela explique bien des erreurs actuelles.
Ensuite, si le président avait conservé pour lui son fantasme, rien évidemment ne serait advenu. Mais il a fallu qu’il utilise Facebook, son lien personnel avec les Français pour leur raconter cette histoire fabriquée et enjolivée. Une fois de plus, il a cédé à ce besoin irrépressible de communiquer, même quand les faits ne sont pas avérés ni vérifiés. Et ça c’est gênant, c’est une faute et explique bien des erreurs actuelles.
Et puis, devant les interrogations, les “confirmations” amicales tombent en rafales : François Fillon, le premier ministre, Alain Juppé ancien premier ministre et compagnon de voyage, d’autres sont embrigadés, sommés de soutenir les affirmations du président sous peine d’être excommuniés sans sommation. Rama Yade est là pour leur rappeler. Et tant pis si pour cela il faut mentir, dire le contraire de ce que l’on pense ou de ce que l’on sait. Ca c’est gênant, c’est une faute et explique bien des erreurs actuelles.
Tant de dérives graves sont résumées dans ce petit incident. Goethe avait raison : “le diable est dans les détails”.
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oct
23
L’affaire Jean Sarkozy restera dans l’histoire du quinquennat. Restera ce jour de la mi-mandat où le retrait du fils sera le premier recul du père ; la “décision personnelle” de Jean Sarkozy constitue le premier arrêt brutal et frontal opposé à une décision du président.
C’est un tournant politique majeur, une véritable “rupture” entre le président et les Français pour utiliser un mot cher au président. Alors, rien n’est définitif, les temps peuvent changer, mais il y a eu rupture, ce jour là entre le chef de l’Etat et les Français.
Il y avait déjà eu des reculades, des refus d’obstacle, des retraits comme sur les fichiers ou la réforme du lycée. Il y eut même la reconnaissance de quelques erreurs comme la déclaration sur les “coupables” de l’affaire Clearstream ou la faute concédée et regrettée d’avoir sauté l’étape de Gandrange lors d’un premier déplacement en Lorraine.
Mais jamais n’était apparu un recul imposé, net, franc et public. A vrai dire, beaucoup pensaient que le recul était incompatible avec l’ADN du président. Le principe de la “marche sarkozienne” semblait précisément écarter tout recul.
Car pour lui, aucun doute : le recul est plus grave que l’échec. Ce maitre en communication et en camouflage sait mieux que personne combien un échec est toujours discutable, contestable. Il sait bien qu’un échec peut se camoufler, se masquer ou s’oublier. Il sait que pour cela, il suffit souvent de diriger ailleurs les projecteurs, et que l’échec est vite relativisé.
Il est le premier en France à avoir compris que la tenue de l’agenda médiatique était un moyen infaillible pour fabriquer l’actualité désirée et imposer cette terrible hiérarchie entre la réalité dont on parlera et celle qu’on oubliera. Combien de fois a-t-il réussi à occulter une réalité difficile dans les domaines économiques et sociaux par la création d’une polémique soudaine touchant aux problèmes de sécurité ou d’immigration ? Les exemples ne manquent pas. Là, pour la première fois, un projet personnel du président touchant au contrôle d’un projet industriel, commercial et immobilier de première importance, a été contrecarré par la volonté des Français.
Recul du président certes, mais il restera aussi des perdants. Plus que des perdants, les humiliés de l’affaire. Je pense à tous ces ministres, responsables de l’UMP, porte paroles et affidés divers qui se sont succédés sur les antennes et les tréteaux de France et de Navarre pour expliquer au bon peuple combien le choix du fils était légitime, bon, et combien la décision du président venait à point. C’est tout juste s’ils nous épargnaient la nécessité d’une telle décision. Tout cela contre le bon sens élémentaire, enrobé dans un langage agressif, demandant au bon peuple de s’y soumettre au nom des grands principes, de la toute puissance du suffrage universel et de la démocratie.
On croyait rêver. Par un seul de ceux là pour critiquer une décision insensée. Pire: tous ceux qui se sont essayés, avec la plus grande prudence, en public ou en privé, à émettre la moindre réserve ont été rappellés à l’ordre et sommés de s’en mordre les doigts, et d’en dire le contraire publiquement. Souvent même, ils en rajoutaient une couche dans la courtisanerie : pour chaque silence, une couche ; pour chaque réserve, deux couches ; et trois couches à chaque soupçon de critique.
Voir les ministres de la République française se réduisant eux-mêmes à l’état de courtisans, fut une humiliation pour eux, mais aussi pour nous. Nous nous en souviendrons à l’avenir, lorsqu’ils nous feront leçon un jour sur les principes de la République.
Un mot spécial pour Luc Chatel. Ministre de l’Education nationale et porte parole du gouvernement. Erreur au départ : en France, le ministre en en charge des lieux privilégiés dans lesquels s’acquiert le savoir et se développe l’esprit critique doit porter en lui les valeurs de l’esprit libre et s’éloigner de tout porte parolat. Il y a toujours des amateurs pour ce poste. Je me souviens de ce ministre en colère mercredi dernier à la sortie du conseil des ministres : s’emportant contre les ” calomnies ” de certains et estimant ” qu’on en faisait trop “. Ce ministre titulaire d’une maitrise de marketing salue aujourd’hui une ” sage décision ” et promet à Jean Sarkozy un ” bel avenir politique “.
Pasqua l’avait dit en son temps : avec de tels amis, point n’est besoin d’ennemis.
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