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[itw] Jean-Luc Gréau : “Le plus simple serait d’interdire les stocks-options”
26 mars 2009 | tags:interview, jean-luc gréau, stock-options
Ces derniers temps, il est beaucoup question de bonus, stocks-options et autres parachutes dorés, perçus par des dirigeants d’entreprises. .. alors que ces dernières licencient ou ont été aidées par l’État. Mais peut-on interdire les stocks-options par la loi ? Oui, selon Jean-Luc Gréau qui est économiste, ancien expert du Medef et auteur de « la Trahison des économistes » (Gallimard).
LesDémocrates.fr : Le grand public entend parler de bonus, stocks-options ou de parachutes dorés… De quoi s’agit-il ?
Jean-Luc Gréau : Les « stock options » trouvent leur origine aux USA où ils ont permis à l’origine d’aider les entreprises nouvelles. Les options sont offertes aux cadres dirigeants de ces entreprises en substitut des rémunérations que ces entreprises ne peuvent pas leur offrir tant qu’elles n’ont pas été couronnées par la réussite. Car les personnes concernées devaient être compétentes et expérimentées.
Ils ont ensuite été pratiqués par les entreprises cotées, ce qui représente un dévoiement, comme un stimulant de la « création de valeur pour l’actionnaire ». Les actionnaires ont voulu que les dirigeants soient directement intéressés à la montée du cours de bourse.
LesDémocrates.fr : Pourquoi s’est développé ce système de rémunérations hors-salaire ?
Jean-Luc Gréau : Leur introduction dans la loi française (Code du Commerce, Code des Impôts) date de 1970. Ce n’est donc pas un dommage collatéral de l’expérience néolibérale. Mais leur application sur une large échelle date de la fin des années quatre-vingt, à la faveur de l’essor boursier garantissant quasiment la valorisation des actions.
LesDémocrates.fr : Concrètement, le gouvernement peut-il changer quelque chose dans les lois actuelles ?
Jean-Luc Gréau : Il est on ne peut plus possible de rationaliser et de moraliser ces pratiques qui relèvent de la loi. Le plus simple serait de les interdire, en laissant une dérogation pour les entreprises nouvelles. Jean Peyrelevade est de cet avis.
LesDémocrates.fr : Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy faisait la promotion des stock-options. Il voulait, disait-il « les étendre à tous les salariés », parce que « ce qui est bon pour les uns doit être bon pour tous ». Est-ce l’avenir ?
Jean-Luc Gréau : L’extension des options à l’ensemble des salariés est difficile à envisager. D’une part, toutes les entreprises ne sont pas cotées ou destinées à l’être. D’autre part, une distribution massive pourrait avoir des effets imprévus sur la valeur des actions, car l’intérêt pour le bénéficiaire repose sur la possibilité de revente avec profit. Les options s’inscrivent dans une logique de paris et non dans celle d’un actionnariat d’entreprise. Il semble que Nicolas Sarkozy ait commis une erreur d’appréciation.
Cette interview a été réalisée grâce à la collaboration de David Fourcaud
Commentaires
| 2 Commentaires

pour être cohérent par rapport au projet politique du MoDem sur la société créative, il est comme préciser dans cet article indispensable de faire une exception pour les sociétés nouvelles… que les fondateurs de start-up puissent envisager de se rémunérer en partie sur les chances/risques de succès de leur entreprise ne semble pas en effet une hérésie ni particulièrement choquant… il est même souhaitable que les salariés desdites entreprises nouvellement crées aient seulement une option (sans obligation) pour participer à l’aventure capitalistique de leur entreprise…
pour le reste il est clair que ces stocks-options ont tellement donné lieu à des dérives (incompatibles avec les intérêts des actionnaires des sociétés eux-mêmes) qu’il faut réformer en profondeur le système.
http://modemmvtcivique.lesdemocrates.fr/
Excellente source que Jean-Luc Gréau, très heureux de le lire ici !