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[itw] François Bayrou : « Ceux qui refusent le dialogue choisissent le régime actuel pour dix ans »
25 septembre 2009 | tags:bayrou, clearstream, g20, opposition, parlement alternance, sarkozy, taxe carbone
Le président du Mouvement démocrate (MoDem) affirme avoir reçu de nombreuses réponses positives à son « offre publique de dialogue » adressée aux autres formations de l’opposition.
François Bayrou était hier l’invité de l’émission « Face aux chrétiens » animée par Paula Boyer. Il répondait aux questions de Louis Daufresne (Radio Notre- Dame), Romain Mazenod (RCF) et Céline Rouden (La Croix).
Que pensez-vous de l’action de Nicolas Sarkozy, notamment dans le cadre du G20, pour réguler le capitalisme financier ?
FRANÇOIS BAYROU : Allumer les projecteurs uniquement sur le bonus des traders, c’est pour moi une diversion qui empêche de s’in- téresser aux causes fondamentalesde la crise que nous venons de vivre. On a, depuis un certain nombre d’années, mélangé l’activité de protection de l’épargne assurée par les banques et l’activité de jeu de casino, de spéculation. Un certain nombre de marchés échappent à la prudence et à la régulation. Ce sont ces règles-là qu’il convient de changer. Est-on en train de le faire ? À mon avis, non. Le travail d’un médecin n’est pas de soigner les symptômes, mais de traiter les causes.
Pourquoi les États ne s’entendent- ils pas pour imposer ces règles ?
Parce qu’il y a de très gros intérêts en jeu. Il suffirait pourtant de pren- dre une décision simple : la sépara- tion stricte entre banque de dépôt et banque d’investissement, comme cela était d’ailleurs en vigueur aux États-Unis jusqu’en 1999. Mais il y a en France des banques qui n’ont pas du tout envie que l’on sépareces activités et qui considèrent que c’est bien comme ça. Il ne faut pas se tromper, les gros intérêts qui nous ont amenés dans la situation où nous sommes aujourd’hui sont toujours là, toujours présents, toujours puissants et peut-être même encore plus puissants.
Êtes-vous favorable à la taxe carbone ?
Je trouve injuste qu’on rembourse la même chose aux riches et aux pauvres, à ceux qui ont les moyens et à ceux qui ne les ont pas. Une famille très aisée, qui vit en centre- ville à côté de son bureau et n’a pas besoin de moyens de transports, on va lui faire le même chèque qu’au titulaire du RSA qui est obligé de prendre sa voiture pour aller travailler, qui a deux enfants et est en surendettement. Cela ne va pas ! Il y a une injustice dans cette décision.
Que pensez-vous de la proposition de fiscaliser les indemnités d’accidents du travail ?
Un homme ou une femme qui a un accident du travail ne peut plus travailler. Il perd les primes liées à l’activité, les heures supplémen- taires s’il en faisait et 40 % de son salaire. C’est pour cela qu’on avait dit, pour contrebalancer un peu, on ne fiscalisera pas les indemnités. On revient là-dessus. Ce sont les plus fragiles que l’on fait payer, ceux qui ont la malchance d’avoir un accident de la vie. Ce sont eux qui vont être mis à contribution. Je trouve qu’il s’agit, là encore, de choix injustes.
Vous avez lancé une « offre publique de dialogue » à tous ceux qui veulent préparer l’alternance à Nicolas Sarkozy. Avez-vous eu des réponses ?
Concrètement, j’ai reçu beaucoup de réponses positives, mais je n’ai pas l’intention de dire de la part de qui parce que sinon, demain, toute l’affaire serait par terre. Beaucoup de gens m’ont dit que c’était une bonne idée et ont l’intention de participer à ce dialogue. Il y en a plus que ceux qui m’ont dit non. Mais comme vous le voyez, cela crée, du même coup, une ligne de clivage intéressante. Selon moi, si on n’est pas capable de se parler, il n’y a pas d’alternance crédible. Tous ceux qui refusent prennent une responsabilité simple : ils choisissent le régime actuel pour dix ans.
Quel regard portez-vous sur le procès Clearstream ?
C’est une affaire où la séparation des pouvoirs est mise à mal. Le président de la République ne devrait pas être partie civile dans une affaire terriblement embrouillée dans laquelle j’ai beaucoup plus de points d’interrogation que la plupart des gens. On nous dit qu’il n’y a jamais eu de comptes individuels chez Clearstream. Il suffisait dans ce cas de faire un communiqué et il n’y avait plus d’affaire Clearstream. Ce qui est sorti à l’audience sur des contacts entre des proches du pouvoir et M. Lahoud est totalement inattendu. Je suis rempli de doutes.
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Article paru dans l’édition de La Croix de ce jour
Commentaires
| 3 Commentaires
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26 09 2009
critiquer les faits, preuves à l’appui, voilà ce que j’attends, ce qu’attendent les militants.
Ensuite faire des propositions alternatives issues des militants
Enfin, parvenir à la proposition d’un programme qui sera confronté avec les propositions des verts, d’une partie du PS en rupture avec la ligne aubry…
c’est bien ce que, personnellement je souhaite depuis longtemps et que nous devons instituer avec rigueur maintenant !!
Amicalement